Privatisation de la FDJ : quelle conséquence sur les jeux à gratter ?


La Privatisation de la FDJ est en marche, et avec elle, des questions se posent. Ainsi, quelles vont être les conséquences sur les joueurs en matière d’offre de jeux à gratter, et surtout, du contrôle de l’addiction aux tickets de grattage ?

Comme prévu par le gouvernement du président de la République Emmanuel Macron, la Française des jeux sera bien privatisée. En effet, dès le début 2019, elle sera, quelle que soit la forme, plus la propriété de l’état français.

Privatisation de la FDJ : un dossier accepté

Le jeudi 4 octobre 2018 est un jour à marquer d’une pierre blanche. En effet, c’est la date à laquelle l’Assemblée nationale a entériné la privatisation de la Française des jeux. Avec une majorité absolue de 48 voix contre 12, la ligne directrice du gouvernement semble bien approuvée avec l’autorisation de l’une des premières grandes privatisations de ce quinquennat. 

Cette privatisation ne va pas se faire seule, et ainsi, le gouvernement travaille aussi sur le dossier de la privatisation du groupe ENGIE et ADP (Aéroport de Paris). Ces privatisations vont voir le désengagement de l’état auprès des différents conseils d’administration. Comment se traduit cette transformation pour la Française des jeux ? 

Finalement, très peu de changement pour l’état, notamment en matière de revenue. En effet, l’Etat continuera à prélever ses 3 milliards d’euros de taxes sur les jeux, tout en s’investissant de moins en moins dans l’entreprise.   

Néanmoins, certaines choses vont certainement être modifiées avec l’arrivée d’une nouvelle régulation sur les jeux de hasard suite à cette privatisation. D’après les députés, cette privatisation ne peut s’accompagner qu’une d’une refonte de la législation sur les jeux de hasard afin de coller avec la nouvelle image privée de la Française des jeux. 

C’est suite à cette régulation qu’apparaîtront de vraies différences, et de nouveaux problèmes.

Privatisation : un monopole remis en cause ?

La privatisation de la FDJ va forcément, à terme, encourager l’émergence de nouveaux opérateurs de jeux, ou l’installation d’opérateurs de jeux de hasard étrangers.

Ainsi, pour éviter cela, les députés désirent se désengager de la FDJ, tout en permettant à l’entreprise de conserver son monopole sur certains jeux. Évidemment, les jeux les plus populaires et les plus rentables pour l’opérateur français historique.

Le législateur souhaite que la FDJ conserve son monopole sur les jeux de tirage, mais aussi sur les jeux à gratter, que ce soit chez les détaillants, en dur, et également en ligne. Ce monopole pourrait être étendu à, pour le moment, 25 ans.

Le premier problème qui apparaît avec cette nouvelle régulation, c’est le flou autour des jeux illiko que propose la Française des jeux sur son site internet et son application. Peut-être les connaissez-vous déjà, mais la plupart des jeux illiko sont des jeux interactifs qui permettent, le plus souvent, de participer à l’action à présente à l’écran, sorte de jeu hybride entre un ticket à gratter classique et un jeu vidéo. 

Ces derniers pourraient être… supprimés, car ils ne seront plus autorisés par la nouvelle régulation du jeu en ligne. Stéphane Pallez, présidente-directrice générale de la Française des jeux, s’en est inquiétée récemment, notamment en prenant en compte le fait que la majorité des jeux illiko à l’heure actuelle, soit plus d’une cinquantaine, sont des jeux interactifs. 
Par ailleurs, le succès de la FDJ sur les jeux en ligne est directement lié à la mise en place de ces jeux.

Leur disparition signifierait deux choses.
La première, que la FDJ proposerait alors une vingtaine de jeux au lieu des 57 en ce moment. 
La seconde, que la suppression de ces jeux signifierait dire que l’on retire de la vente les jeux illiko qui présentent les meilleures chances de gagner.

Dans les deux cas, le joueur serait perdant.

Pire encore, le joueur pourrait aussi en pâtir, notamment sur le sujet de l’addiction aux jeux à gratter.

Addiction et privatisation : un bon ménage ?

La Privatisation de la Française des jeux nous amène tout naturellement à nous poser une question, et une question de taille. Qu’en est-il de l’addiction, de la prévention des additions aux différents jeux de hasard proposés ?

Bien que la question fasse déjà débat depuis des années au sein des médecins et chercheurs, notamment au niveau de la partialité de la prévention promulgué par l’Etat, qui lui-même est actionnaire de la FDJ, il est tout naturel de se demander quelle sera la suite des événements, et qui aura, à l’avenir ce rôle.

En effet, on peut en penser ce qu’on veut, mais jusqu’à maintenant, la Française des jeux, sous l’égide de l’Etat, se devait de contrôler ses points de vente afin de leur fournir tout l’attirail nécessaire pour prévenir l’addiction, et également, s’assurer que les jeux étaient bien vendus à des personnes majeures.

Malgré tout ça, on se rend compte que l’addiction aux jeux de hasard est de plus en plus importante, surtout chez les « gratteux ». Ainsi, le plus grand responsable est le jeu CASH. Poule aux œufs d’or de la FDJ depuis des années, il représente à lui seul 50 % des ventes de l’entreprise. Bien que des associations aient appelé à arrêter d’en faire la publicité, ce dernier continue de se vendre. 

Ce qui inquiète surtout l’association SOS addiction, est le fait qu’actuellement, « 1 % des joueurs génèrent 60 % du chiffre d’affaires de la FDJ ». Et c’est justement dans ces 1% qui résident les joueurs à risque !

Par ailleurs, la privatisation pourrait avoir des répercussions directes sur l’addiction, puisque le but du futur investisseur et actionnaire aura pour but de maximiser le rendement de l’entreprise. Peut-être au détriment des joueurs…

L’actuel secrétaire national du Parti de Gauche s’est récemment exprimé contre cette privatisation en insistant sur le fait que, d’une part, c’est une « très mauvaise opération financière », et que, d’autre part, les conséquences sur l’addiction aux jeux seront « désastreuses ».
Il a été rejoint sur ce point par Régis Juanico, ancien membre du Parti Socialiste, qui demande une « régulation puissante » de l’opérateur lorsqu’il sera privatisé. 
Les communistes, quant à eux, dénoncent « une erreur qui aura de graves conséquences en terme de santé publique ».

Les voix s’élèvent, mais il semblerait que la privatisation de la FDJ soit actée, et devrait arriver assez rapidement malgré la difficulté à sa mise en place.

En attendant, jouez de manière responsable, et n’hésitez pas à faire part de vos diverses expériences. Nous vous répondrons.

Commentaires 0

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *